Covid-19 : une contamination par les postillons jusqu’à 8 mètres?

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Sur les réseaux sociaux, est montée une inquiétude selon laquelle, les gestes barrières, notamment la distanciation physique d’au moins 1 mètre est inutile. La raison évoquée est que le virus se propagerait jusqu’à 8 mètres de celui qui éternue.

Éternuements, toux et propagation de la Covid-19 : Ce qu’on sait

Les études menées dès le début de la pandémie, ont montré que le virus se propage à travers les gouttelettes infectieuses expulsées lorsque les personnes parlent, toussent, éternuent, ou à travers le contact avec des surfaces sur lesquelles sont déposés le virus. Raison pour laquelle les gestes barrières ont été mis en exergue, notamment le lavage des mains, le respect d’une distance de sécurité d’au moins 1 mètre, le port des masques ou encore le confinement.

Mais, les résultats d’une étude sur la dynamique des fluides respiratoires menée par la chercheuse américaine du Massachusetts Institute of Technologies (MIT), Lydia Bourouiba, semblent battre en brèche toutes ces mesures.

Un article publié le 26 mars 2020 sur le site internet JAMA Learning, relate les travaux de la chercheuse. Selon ses conclusions « Cette vidéo montre les phénomènes des éternuements humains visualisés par la diffusion de la lumière vers la caméra à partir de plusieurs sources optiques et à différentes distances. »

« Elle illustre comment les émissions de liquides mucosalivaires, sous forme de gouttelettes d’une gamme de taille continue, sont couplées au nuage de gaz chaud, humide et à forte impulsion, qui les emprisonne et les transporte jusqu’à 7 à 8 m (26 pieds).», poursuit l’article

Manque de confirmations unanimes

Togocheck a contacté via la messagerie WhatsApp, le docteur généraliste togolais, Ekoue Damien Kouvahey. Selon ses explications, le virus peut rester en suspension dans l’air pendant quelques temps à une distance possible de 2 mètres de la personne infectée qui émet les particules virales. Le virus ne se propage donc pas à une distance possible de 8 mètres.

Le spécialiste des maladies infectieuses à la Faculté des Sciences de la santé de l’Université Georges Washington (USA), Docteur Paul Pottinger, cité par site Medical Xpress dédié aux contenus sur la médecine et la santé, indique que les particules projetées sont fines et le risque qu’elles infectent une personne sur une longue distance est faible.

«La plus grande menace – nous pensons – avec le coronavirus, ce sont en fait les plus grosses gouttelettes. Des gouttelettes de salive, de morve, de crachat. Des gouttelettes qui ressemblent presque à de la pluie, si vous voulez, quand quelqu’un éternue.

Ces gouttelettes sont suffisamment grosses pour que la gravité agisse toujours sur elles. Habituellement, à environ six pieds (environ 1,9 mètres) de la sortie du corps de quelqu’un, ces gouttelettes plus grosses et plus infectieuses tomberont au sol. C’est de là que vient la règle des six pieds “, explique-t-il.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), un organisme de santé publique américain, dans un traité publié sur son site internet, et mis à jour le 5 octobre 2020, fait des précisions sur les modes de transmission de la Covid-19. “L’épidémiologie de la SRAS-CoV-2 indique que la plupart des infections se propagent par contact étroit et non par transmission aérienne”.

Toutefois, poursuit le CDC, la transmission par voie aérienne (par les aérosols) peut se produire dans certaines circonstances comme les espaces clos, l’exposition prolongée aux particules respiratoires et en cas de ventilation ou manutention d’air inadéquats.

Des informations à manipuler avec prudence

Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les résultats de l’étude citée ci-dessus sont issus des expérimentations en laboratoire et ” doivent être interprétés avec prudence”.

“Une publication récente dans le New England Journal of Medicine a évalué la persistance virale du virus de la COVID-19. Dans cette étude expérimentale, des aérosols ont été générés à l’aide d’un nébuliseur Collison à trois jets et introduits dans un tambour Goldberg dans des conditions de laboratoire contrôlées. Il s’agit d’une machine de haute puissance qui ne reflète pas les conditions normales de toux humaine. En outre, la découverte du virus COVID-19 dans des particules d’aérosol jusqu’à 3 heures ne reflète pas un contexte clinique dans lequel des procédures générant des aérosols sont effectuées – c’est-à-dire une procédure générant des aérosols induite expérimentalement “, a écrit l’OMS sur son site internet who.int.

L’agence onusienne conclut ” L’OMS surveille attentivement les nouvelles données factuelles sur ce sujet critique et mettra à jour cette note scientifique à mesure que davantage d’informations seront disponibles. “. 

Comme l’indique les CDC, les connaissances sur le nouveau coronavirus ne sont pas encore exhaustives. “SARS-CoV-2 est un nouveau virus, et nous continuons toujours à en apprendre sur comment il se comporte”.

La précaution et les mesures barrières

Le sujet ne faisant pas encore l’unanimité au sein de la communauté scientifique, il serait trop hâtif d’affirmer à cette étape de la pandémie que le virus responsable de la Covid-19 peut se propager à une distance de 8 mètres de celui qui tousse ou éternue.

En plus de garder une distance physique d’au moins 1 mètres de toute personne, porter un masque de protection et respecter les autres mesures barrières demeurent les meilleures méthodes de prévention actuelle. Il s’agit notamment, de tousser ou éternuer dans le creux du coude ou dans un mouchoir jetable et se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, ou les désinfecter avec une solution hydroalcoolique.

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