La contraception n’est nullement déconseillée en période de Covid-19

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La survenue de la Covid-19 a donné naissance à plusieurs questionnements et rumeurs sur les habitudes de la vie courante. Concernant la santé sexuelle et de la reproduction, une vague de rumeurs sur les réseaux sociaux fait croire que la contraception serait fortement déconseillée en cette période de pandémie liée à la Covid-19. Cette affirmation n’est pas vérifiée.

Contraception et Covid-19 : un rapport ?

La contraception est définie comme un ensemble de moyens ou de procédés utilisés pour éviter qu’un rapport sexuel entraîne une grossesse. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il s’agit de « l’utilisation d’agents, de dispositifs, de méthodes ou de procédures pour diminuer la probabilité de conception ou l’éviter ».

Il existe plusieurs types de contraception, classés en quatre  catégories : « la contraception naturelle, hormonale, mécanique et par stérilisation », renseigne ‘Les Zopitaux et Moi’, une plateforme animée par de jeunes médecins togolais qui se donnent pour rôle de bannir les clichés liés aux hôpitaux, aux produits pharmaceutiques et à certaines maladies et dont le but est de faciliter l’interaction entre patients et médecins.

Source : Les Zopitaux et Moi

La crise due la Covid-19 a entraîné dans plusieurs pays à travers le monde, des mesures limitant les contacts et les rassemblements. Ces mesures vont du confinement partiel ou général dans certains pays au couvre-feu. C’est dans ce contexte de confinement que la polémique sur la contraception a fait surface. Selon les avis médicaux recueillis par Togocheck, il n’existe aucune recommandation médicale visant à déconseiller la pratique de la contraception en cette période de crise sanitaire liée à la Covid-19.

Contactée via la messagerie WhatsApp, Docteur Kinde Rebecca, Epidémiologiste, responsable adjointe des opérations dans la cellule sectorielle de gestion de la pandémie, au ministère de la santé a réfuté cette information tout en martelant qu’elle n’y voit aucun rapport. Docteur Koffi Ebenezer Vovolité Agbétiafa, Directeur préfectoral de la santé du Golfe, également contacté par Togocheck via WhatsApp, qualifie ces messages de balivernes.

Contrairement à ce qui se raconte sur les réseaux sociaux, la pandémie a une incidence particulière sur la contraception et l’accès aux méthodes contraceptives dans le monde.  Dans un communiqué de presse publié le 20 septembre 2020 sur son site internet, la directrice générale du Fonds des nations unies pour la population (UNFPA), Docteur Natalia Kanem a fait savoir que « la pandémie creuse les inégalités, et des millions de femmes et de filles risquent aujourd’hui de perdre la possibilité de planifier leurs grossesses, de protéger leur corps et leur santé ».

La contraception : Un impératif en cette période de crise sanitaire

A la question de savoir si « la contraception/le planning familial sont-ils sûrs pendant la pandémie de COVID-19 ?», l’organisation Mondiale de de la Santé dans sa section “Questions-Réponses” publiée le 06 avril 2020 sur son site internet who.int,  répond  « Oui. ». Elle précise également que « Toutes les méthodes modernes de contraception peuvent être utilisées en toute sécurité, y compris pendant la pandémie COVID-19.

Pour The Challenge Initiative (TCI) , un programme triennal de santé reproductive en milieu urbain financé par la Fondation Bill & Melinda Gates, la Prestation de services de planification familiale à l’époque de la COVID-19 doit consister à s’assurer que les pharmacies et les vendeurs de brevets et de spécialités pharmaceutiques (PPMV) sont bien équipés pour fournir non seulement des conseils, mais aussi pour disposer d’un stock de contraceptifs et d’équipements.

D’après l’UNFPA, l’accès aux contraceptifs est pourtant constamment menacé par divers facteurs, dont une stigmatisation et des idées reçues omniprésentes, ainsi que des problèmes structurels tels que des difficultés d’approvisionnement et des systèmes de santé manquant de ressources. Actuellement, la pandémie de COVID-19 vient s’ajouter à ces facteurs.

Dès le début de la pandémie de la Covid-19, l’UNFPA, Avenir Health (une organisation internationale qui œuvre pour le développement socio économique des populations), l’université américaine Johns Hopkins et l’université de Victoria en Australie, ont réalisé une modélisation (étude) sur l’impact potentiel de la pandémie sur les services de planification familiale. L’étude a été publiée le 27 avril 2020 sur le site de l’UNFPA.

Selon les résultats de cette modélisation, « six (6) mois de perturbations graves des systèmes de santé dans 114 pays à faibles et moyens revenus pourraient empêcher 47 millions de femmes d’avoir recours à des contraceptifs, ce qui provoquerait près de 7 millions de grossesses non désirées. ». L’UNFPA précise par ailleurs que ” Les grossesses non planifiées ont bien évidemment des conséquences significatives sur l’éducation et les revenus des femmes et des filles”.

Au regard de la délicatesse de la situation, l’UNFPA a multiplié les actions dans plusieurs pays pour aider à garanti l’accès des femmes aux produits de santé sexuelle, de reproduction, notamment les contraceptifs.

L’OMS précise également  sur son site internet que « Si vous avez eu un bébé au cours des six derniers mois ou si vous souffrez d’un problème de santé, comme le diabète, l’hypertension ou le cancer du sein, ou si vous fumez, demandez conseil à un professionnel de la santé pour vous assurer que vous utilisez une méthode de contraception qui vous convient et qui est sûre. »

La contraception n’est donc pas du tout déconseillée en cette période de pandémie due à la Covid19. Au contraire, les institutions sanitaires encouragent les hommes et les femmes à opter pour la méthode contraceptive qui leur convient au mieux.

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