Covid-19 : Les variants, pas une menace pour l’atteinte de l’immunité collective

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Vacciner le maximum de la population et atteindre l’immunité collective. Telle est l’option proposée par les autorités sanitaires afin de juguler la crise sanitaire actuelle due à la Covid-19. Mais, la question des variants qui ont fait leur apparition et dont certains sont encore plus meurtriers, alimente le doute dans la communauté des internautes.

Dans le cadre de la campagne vaccinale actuelle, d’après des internautes, les variants du virus de la Covid-19 peuvent paralyser l’efficacité des vaccins, empêchant ainsi l’atteinte de l’immunité collective.

Notion de variant…

Le Coronavirus, SARS-CoV2, comme tous les virus, se multiplie dans l’organisme hôte qu’il infecte. Cette multiplication s’accompagne de quelques « modifications » du génome, encore appelées mutations. Parfois, une mutation entraîne l’émergence d’une nouvelle souche du virus, légèrement différente, que l’on appelle un variant, explique cerballiance, sur son site internet. De plus, ces variants semblent plus contagieux que la souche initiale. Les mutations touchent principalement la protéine responsable de l’accrochage du virus aux voies respiratoires.

Ainsi, depuis le début de la pandémie, plusieurs variants de la Covid-19 ont été découverts. Cerballiance précise en ce sens « Par facilité, on les a appelés par le nom du pays où ils avaient été identifiés la première fois (variant anglais, brésilien etc.) Cette dénomination est abandonnée par l’OMS et les variants portent désormais des lettres grecques : Le variant “anglais” (B.1.1.7) est nommé Alpha ; le variant “sud-africain” (B.1.351) est nommé Beta ; le variant “brésilien” (B.1.1.248, lignée P1) est nommé Gamma ; le variant “indien” n°1 (B.1.617.2) est nommé Delta ; le variant “indien” n°2 (B.1.617.1) est nommé Kappa »

D’autres variants autres que ceux cités ci-dessus ont été aussi répertoriés. Il s’agit du variant Epsilon (ou Californien), apparu aux États-Unis en mars 2020, le variant Thêta, découvert aux Philippines en janvier 2021 ou encore, le variant Êta ou variant nigérian découvert au Nigeria.

Et d’immunité collective

Quant à l’immunité collective, l’institut Pasteur explique qu’elle correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population va transmettre le pathogène à moins d’une personne en moyenne, amenant de fait l’épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination (s’il existe un vaccin bien entendu).

Plus simplement, explique futura-sciences « L’immunité collective permet de mettre fin à une épidémie et correspond au pourcentage d’une population qui est immunisée contre une maladie. » Dans un dossier consacré à l’immunité consultable ici, l’encyclopédie Larousse indique que « La vaccination généralisée permet, lorsque le seul ou le principal réservoir de bactéries ou de virus est l’homme, de casser les chaînes de contamination, d’empêcher la circulation du microorganisme et de réduire le risque y compris pour les personnes non vaccinées (immunité de groupe). C’est ainsi que l’on est parvenu à éradiquer la variole en 1977 et que l’on espère éradiquer la poliomyélite dans les prochaines années. »

Atteindre l’immunité collective passe par deux voies. Il s’agit notamment de l’infection de masse, en laissant un maximum de la population s’exposer à l’infection ou l’agent pathogène. Ce qui permet ainsi développer au fil du temps une immunité de masse. La seconde option est la vaccination. Et d’après les scientifiques, au moins 70% de la population doit être vaccinée pour atteindre l’immunité collective.

Selon l’OMS, pour aboutir en toute sécurité à une immunité collective, une part importante d’une population doit être vaccinée, ce qui réduit la quantité globale de virus capable de se propager dans l’ensemble de la population. La recherche de l’immunité collective vise notamment à préserver et à protéger de la maladie les groupes vulnérables qui ne peuvent pas se faire vacciner (par exemple en raison de problèmes de santé comme des réactions allergiques au vaccin).

Quid du « fameux » variant Delta ?

Joint par Togocheck le 23 juillet 2021, Docteur Sossinou AWOUSSI épidémiologiste et spécialiste de santé publique explique que le SARS-Cov2 est une espèce des Coronaviridae d’origine zoonotique (animale). Cette espèce des Coronaviridae est accidentellement transmise à l’être humain et puis réussit à se multiplier en lui tout en acquérant la capacité de transmission interhumaine. Pour mieux s’adapter à l’espèce humaine, ce virus connait depuis son apparition dans l’espèce humaine, de nombreuses mutations dont la plupart restent peu active. Mais de façon naturelle, certaines espèces mutantes se révèlent très dangereuses dont le variant indien dit delta.

A propos de ce variant Delta, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis, indiquent dans un article mis à jour le 23 septembre 2021 qu’il « provoque plus d’infections et se propage plus rapidement que les formes antérieures du virus qui cause COVID-19. Il pourrait causer une maladie plus grave que les souches précédentes chez les personnes non vaccinées. »

Atteindre l’immunité collective malgré les variants est possible

« La vaccination est clairement une solution pour en finir avec cette pandémie », explique à RFI, la directrice de l’OMS Afrique, Matshidiso Moeti. Des études ont montré que les vaccins disponibles sont toujours efficaces contre les nouveaux variants du Sars-CoV-2. Mais leur efficacité est réduite contre les nouveaux variants par rapport à la souche originale du coronavirus, en particulier après une seule dose. 

Dans une étude de Public Health England, une dose de vaccin Pfizer ou AstraZeneca n’a conféré qu’une protection de 33 % contre la variante Delta, contre 50 % contre la variante Alpha. Toutefois, ces niveaux ont augmenté après la deuxième dose pour atteindre 88 % pour le Pfizer et 60 % pour l’AstraZeneca. Une étude distincte menée par l’Université d’Oxford a confirmé que les vaccins Pfizer et AstraZeneca étaient tous deux efficaces contre les variantes Delta et Kappa identifiées en Inde, renseigne la BBC dans un article en date du 6 juillet 2021.

Les CDC se veulent pour leur part, rassurants sur l’efficacité des vaccins disponibles contre les variants. D’après l’organisme américain de santé publique, les vaccins actuellement disponibles sont efficaces contre le virus de la Covid-19, y compris le variant Delta, qui est documenté comme provoquant plus d’infections et ayant une forte propagation.

« -Les vaccins continuent de réduire le risque qu’une personne contracte le virus qui cause le COVID-19, y compris cette variante ; – Les vaccins continuent d’être très efficaces pour prévenir les hospitalisations et les décès, y compris contre cette variante ; – Les personnes complètement vaccinées atteintes d’infections par ce variant semblent être infectieuses pendant une période plus courte. », indiquent-ils.

Selon Docteur Sossinou AWOUSSI, à l’heure actuelle, les vaccins produits restent toujours efficaces contre ce variant delta. Mais quant à l’atteinte de l’immunité collective, il est sceptique. « Pour l’heure, atteindre l’immunité collective qui se situe au-delà des 70% de la population est presque utopique en Afrique. Puisque plus de 50% de la population des pays africains subsahariens ont moins de 20 ans et ne sont même pas encore pris en compte dans les campagnes de vaccination, lesquelles visant essentiellement les personnes à risque de développer les formes graves de la maladie. », précise-t-il.

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