Faux, ce communique n’émane d’aucune force de sécurité

0

Un message (Capture d’écran ci-dessous), qui se prétend provenir de «l’aumônier militaire» et titré « Reçu à l’instant par un colonel » est activement relayé sur les réseaux sociaux, en particulier dans les groupes WhatsApp au Togo.

Message relayé sur WhatsApp

Le partage de ce message s’est accentué depuis les évènements terroristes qui se sont déroulés aux frontières togolaises courant mai et juin 2022. Et pourtant ce communiqué ne provient pas des forces de l’ordre.

Origines de l’information

Les recherches que nous avons effectuées n’ont pas permis de retrouver la source exacte de cette information. Néanmoins, elles ont révélé que ce message d’alerte circule depuis 2019 sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook avant de refaire surface en 2022. L’une des premières publications que nous avons retrouvée a été faite le 14 septembre 2019 (ici) sur Facebook dans le groupe camerounais « Infos & Offres & Emplois pour tous Cameroun ».      

Une information similaire a été reprise par d’autres utilisateurs de Facebook (ici, ici, ici, ici ) et sur des blogs en 2020 puis en 2021 en Côte d’Ivoire, au Mali, en république Démocratique du Congo entre autres (ici, ici).      

Fausse information     

Une lecture attentive du texte par l’équipe de Togocheck, a permis de mettre en exergue plusieurs éléments qui font douter de sa fiabilité.

Primo, le message ne comporte pas de paraphe du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, ni d’aucune force de sécurité du gouvernement Togolais.

Secundo, le message contient plusieurs fautes de français ; notamment des fautes d’orthographe et de grammaire ainsi que des ponctuations non respectées.

Tercio, le message n’est pas daté et ne précise pas non plus, ni la date ni des informations sur les lieux (villes, villages, quartiers ou districts) où se feront les fouilles.

Enfin, les messages d’alerte de ce genre qui proviennent effectivement du Gouvernement sont toujours diffusés d’une part via les médias nationaux d’informations, et d’autre part via leurs canaux officiels d’informations. Ce qui n’est pas le cas pour ce message. Il ne figure sur aucune des plateformes d’informations officielles de la Police nationale ou du gouvernement togolais (ici, ici). Aucun média d’information crédible n’en a d’ailleurs fait cas.         

Joint le 11 mai 2022 par Togocheck, à ce propos, le Commissaire Principal TASSA Agba, chef de la cellule de communication de la police nationale répond que cette information n’est pas fiable et qu’elle relève du faux.

Information démystifiée ailleurs

Déjà le 4 novembre 2019, le média burkinabé de vérification d’information, Lefaso.net avait vérifié cette information qui s’est révélée non fiable « Depuis quelques jours, ce communiqué alarmiste (voir ci-dessous repris tel quel) a été remis au goût du jour sur certains réseaux sociaux. Selon des sources sécuritaires que nous avons contactées, il n’émane d’aucune source officielle. Il faut donc le prendre avec des pincettes ; même si la situation sécuritaire actuelle de notre pays impose une indispensable prudence à tous », peut-on lire dans l’article (ici).

Plus récemment, ce même communiqué avait circulé en Côte d’Ivoire. Mais dans le message qui a circulé sur les plateformes dans le pays, c’est « ce mercredi » et non « ce lundi » qui y a été mentionné.

L’information a été démentie par la Direction Générale de la Police Nationale du pays sur sa page Facebook, le mercredi 2 Février 2022. Selon la Police ivoirienne, il s’agit d’un vieux message qui est faux et qui a été émis dans le but de créer la psychose. Selon leur précision, « Il s’agit d’une fausse information.  Les personnes qui les émettent ou les relaient sont passibles de poursuites judiciaires. » (1, 2).           

Conclusion

En clair ce communiqué invitant la population à rester chez elle après 18h est un vieux canular. Elle a été émise par auteur non identifié, dont le but est de créer la psychose au sein de la population.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.