Boissons énergisantes : ce que cachent les promesses de performance

Boissons énergisantes ce que cachent les promesses de performance
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Présentées comme des alliées pour retrouver de l’énergie, les boissons énergisantes promettent un regain de vitalité. Très prisées chez les adolescents et les jeunes adultes à l’approche ou pendant les vacances, elles sont consommées lors des sorties, des activités sportives, des révisions, ou des soirées entre amis. 

Certains consommateurs affirment en tirer un regain d’énergie. D’autres évoquent une augmentation de la libido. Mais, les boissons énergisantes présentent-elles un réel intérêt sur le plan nutritionnel? Les plus jeunes peuvent-ils en consommer sans danger? Quels sont les risques potentiels pour la santé? Pour répondre à ces questions et démêler le vrai du faux, la rédaction de Togocheck a mené une enquête approfondie.

Selon un article publié le 05 février 2026 par le magazine santé Doctissimo, le marketing de ces produits met en avant des promesses de vitalité, de concentration et de performance. Cette communication conduit certains consommateurs à penser que ces boissons sont comparables à des sodas ou qu’elles peuvent être consommées sans risque.

Mais cette affirmation résiste-t-elle aux preuves scientifiques ?

Nous avons examiné les avis de plusieurs autorités sanitaires internationales sur le sujet. 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’a pas publié de recommandation spécifique sur la consommation des boissons énergisantes. En revanche, elle met en garde contre la consommation excessive de boissons sucrées, dont font partie la plupart des boissons énergisantes. L’institution recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien, et idéalement à moins de 5 %, afin de réduire le risque de surpoids, d’obésité, de diabète de type 2 et de caries dentaires. Dans plusieurs publications, elle encourage les États à adopter des mesures de protection, comme des restrictions de vente aux mineurs ou des campagnes de sensibilisation. 

Capture d’écran réalisée le 11/08/2026 de l’article publié par les CDC américains sur leur site web

De leur côté, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) indiquent que les boissons énergisantes contiennent généralement de fortes quantités de caféine, de sucre et d’autres stimulants. Selon cette agence, leur consommation peut entraîner une augmentation de la pression artérielle, une accélération du rythme cardiaque, de l’anxiété, de l’insomnie et une déshydratation. Les CDC rappellent également que l’Académie américaine de pédiatrie estime que les boissons énergisantes n’ont pas leur place dans l’alimentation des enfants et des adolescents. 

Le média d’information Africa-Press.net dresse le même constat dans un article publié le 7 mars 2025. Il y met l’accent sur la caféine contenue dans ces boissons, qui constitue un danger pour les adolescents.

Que contient une boisson énergisante ?

Une recherche par mots-clés sur Google nous a conduits vers un article du site malien d’information, Mali Emergence Info. Dans cet article, le Docteur Salif DIARRA, médecin exerçant à Bamako, affirme que ces boissons sont composées de caféine, de taurine, de sucre en excès et parfois de substances dont la provenance est douteuse. 

Le site du système de santé québécois, Quebec.ca, en présente la même composition. Selon ce site, les boissons énergisantes sont des boissons non alcoolisées enrichies de différentes substances stimulantes, notamment de la caféine, du sucre ou des édulcorants, de la taurine, du guarana qui est une plante naturellement riche en caféine, des vitamines du groupe B ainsi que, dans certains cas, du ginseng ou d’autres extraits de plantes. L’article souligne toutefois qu’il est essentiel de ne pas confondre les boissons énergisantes avec les boissons destinées aux sportifs. Les boissons isotoniques ont pour objectif principal de compenser les pertes en eau et en électrolytes occasionnées par un effort physique, tandis que les boissons énergisantes sont conçues pour exercer un effet stimulant sur le système nerveux.

Ces boissons donnent-elles réellement de l’énergie ? 

Selon un article de Science+Fourchette, une plateforme québécoise dédiée à l’alimentation saine et la nutrition, les boissons énergisantes sont souvent présentées comme des produits capables de fournir un « boost d’énergie ». Mais, en réalité, elles n’apportent pas d’énergie au sens biologique du terme. Leur principal effet provient de la caféine, qui stimule le système nerveux en masquant temporairement la sensation de fatigue. Elles contiennent généralement de la caféine (parfois issue du guarana ou d’autres sources), de la taurine, des vitamines du groupe B, du sucre ou des édulcorants, ainsi que divers extraits végétaux.

Capture d’écran réalisée le 11/08/2026 par Togocheck de l’article publié par Science+Fourchette sur son site web

Les données scientifiques montrent que la consommation de boissons énergisantes peut entraîner une augmentation temporaire de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont des palpitations, la nervosité, les tremblements, l’insomnie et les maux de tête. Plus rarement, des cas d’arythmie, de syndromes coronariens, d’arrêt cardiaque et même de décès ont été décrits dans la littérature scientifique. Ces événements restent cependant rares et les mécanismes en cause ne sont pas totalement élucidés.

Les jeunes sont-ils particulièrement exposés aux risques ?

Selon nos recherches, les autorités sanitaires estiment que les enfants et les adolescents sont plus sensibles aux effets de la caféine que les adultes. Un article du site d’actualités dédié au bien-être PresseSanté, publié le 5 février 2025, indique que selon les experts, les adolescents sont plus sensibles aux effets de la caféine en raison du développement de leur cerveau et de leur organisme. Une consommation régulière ou excessive peut entraîner des troubles du sommeil, une hausse de la pression artérielle, des maux de tête, de l’anxiété, des troubles digestifs et un risque de dépendance légère. De plus, les boissons énergisantes contiennent souvent de fortes quantités de sucres, d’édulcorants et d’autres substances stimulantes, comme la taurine, dont les effets combinés chez les jeunes restent insuffisamment documentés. De son côté, le magazine mensuel Français Sciences et Avenir rapporte qu’une méta-analyse publiée en 2024 a estimé qu’environ 8 % des jeunes consomment quotidiennement ces boissons. 

Une enquête déjà réalisée par notre rédaction pour prouver la véracité d’une image montrant de jeunes Nigérians sous dialyse à cause des boissons énergisantes mentionnait une étude intitulée « Analyse des métaux lourds et évaluation des risques sanitaires liés à certaines boissons énergisantes au Nigeria ». Publiée le 10 mars 2026 dans la Revue internationale des sciences, de l’ingénierie et de la technologie, cette étude a examiné 30 marques de boissons énergisantes dont 23 liquides et 7 en poudre commercialisées dans le pays. Les chercheurs ont relevé la présence de métaux lourds tels que le plomb, le cadmium, le chrome et le cobalt dans plusieurs de ces produits. Certaines concentrations dépassaient les limites recommandées par les autorités sanitaires internationales, exposant les consommateurs à des risques potentiels pour la santé, notamment des effets toxiques et cancérogènes.   

Des doses de caféine et de sucre présentant des risques pour la santé

Pour savoir quelle quantité de caféine contiennent en moyenne les boissons énergisantes, nos recherches nous ont conduits à un article du Conseil Européen de l’information sur l’alimentation publié le 3 Octobre 2024. Son contenu indique que les boissons énergisantes renferment généralement environ 80 mg de caféine par portion de 250 ml, bien que cette quantité puisse varier selon les marques. Un article publié sur le site de l’Assurance Maladie de la France indique en outre que la plupart des boissons énergisantes contiennent 80 mg de caféine par canette (soit l’équivalent d’un café). Certaines en contiennent plus et peuvent aller jusqu’à 160 mg, ce qui correspond à 2 cafés expressos. 

Capture d’écran réalisée le 11/08/2026 de l’article publié par le Conseil Européen de l’information sur l’alimentation le 3 Octobre 2024

Le sucre, quant à lui, constitue un point d’attention selon un article publié le 29 novembre 2024 par le groupe de média BFM RMC. Selon les données d’Open Food Facts, une base de données de produits alimentaires, une canette de 250 ml de Red Bull, leader du marché des boissons énergisantes, contient environ 27,5 g de sucre, soit l’équivalent de cinq morceaux de sucre. D’après la diététicienne-nutritionniste Florence Foucault, cette quantité représente plus de la moitié de l’apport quotidien recommandé en sucres libres pour un adulte ayant un apport énergétique de 2 000 kilocalories par jour.

De son côté, l’OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien et, idéalement, à moins de 5 % pour obtenir des bénéfices supplémentaires pour la santé. Dans un article publié le 13 janvier 2026,  Euronews précise que de nouveaux rapports de l’OMS ont indiqué que les gouvernements devraient augmenter les taxes sur les boissons sucrées et l’ alcool pour réduire leur consommation et éviter des maladies.

Peut-on les mélanger avec de l’alcool ?

Les recoupements d’informations montrent que les autorités sanitaires déconseillent fortement cette pratique. L’association des boissons énergisantes avec l’alcool présente des risques pour la santé. 

La consommation excessive de caféine peut provoquer des effets indésirables, notamment des palpitations, de l’anxiété, des tremblements ou des troubles digestifs. Lorsqu’elle est associée à l’alcool, la caféine peut masquer la sensation d’ébriété sans réduire le taux d’alcool dans le sang. Cette diminution de la perception des effets de l’alcool peut favoriser une consommation excessive et augmenter les comportements à risque, comme les accidents ou les prises de décisions dangereuses.

Cette combinaison peut également accentuer certains effets cardiovasculaires et augmenter le risque d’intoxication, d’autant plus que la caféine ne permet pas d’éliminer plus rapidement l’alcool de l’organisme.

Les vacances, véritable période à risque ?

D’après nos recherches, aucune étude scientifique n’établit que les vacances entraînent, à elles seules, une hausse de la consommation de boissons énergisantes. En revanche, plusieurs facteurs fréquents durant cette période peuvent favoriser leur consommation ou accentuer les risques.

Les vacances s’accompagnent souvent de couchers plus tardifs, de longues heures passées devant les écrans, de sorties festives, d’activités sportives ou de déplacements. Les boissons énergisantes sont alors parfois consommées pour lutter contre la fatigue ou rester éveillé plus longtemps.

Or, les CDC rappellent que ces boissons, riches en caféine, peuvent provoquer des troubles du sommeil, de l’anxiété, une accélération du rythme cardiaque et une augmentation de la pression artérielle. Ainsi, ce sont davantage les habitudes adoptées pendant les vacances que les vacances elles-mêmes qui peuvent favoriser une consommation à risque.

L’avis du nutritionniste

Interrogée sur le sujet, TOÏ Atchéliwé, nutritionniste au CHU Campus à Lomé affirme que les boissons énergisantes peuvent procurer un effet stimulant temporaire, mais elles ne remplacent ni un sommeil suffisant, ni une alimentation équilibrée, ni une bonne hydratation. 

Selon elle, les données scientifiques montrent que les enfants et les adolescents sont les populations les plus vulnérables à leurs effets indésirables. Elle déconseille donc la consommation de ces boissons aux enfants et aux adolescents car leur organisme est plus sensible aux effets de la caféine.

« Une consommation occasionnelle chez un adulte en bonne santé présente généralement un risque limité, à condition de respecter les recommandations sur les apports en caféine et d’éviter les situations à risque, notamment le mélange avec l’alcool ou l’activité physique intense », a-t-elle déclaré.

Conclusion

Les croyances selon lesquelles « les boissons énergisantes sont sans danger pour les jeunes » sont fausses.
Les données scientifiques montrent que ces boissons peuvent avoir des effets néfastes sur la santé, en particulier chez les adolescents, en raison de leur forte teneur en caféine et, le plus souvent, en sucre. Contrairement aux idées véhiculées par leur marketing, elles ne remplacent ni le sommeil, ni une alimentation équilibrée, ni une bonne hydratation.
Leur consommation excessive, notamment lorsqu’elle est associée à l’alcool, est susceptible d’entraîner des risques reconnus par plusieurs autorités sanitaires, parmi lesquels des troubles du sommeil, des palpitations, de l’anxiété et une augmentation de la pression artérielle.

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