Les perles de yoni sont nocives pour la femme

D’après ceux qui les commercialisent, ces perles permettraient de nettoyer l’appareil génital féminin, notamment le vagin. Et pourtant, selon les spécialistes de la santé, utiliser ces produits causerait plus de mal que de bien.
Perles de Yoni

Les réseaux sociaux et WhatsApp sont devenus un terreau fertile à la promotion et à la vente de produits de tous genres, dont ceux pour la santé. Mais, nombre de ces produits, souvent vendus par des personnes qui n’en maîtrisent pas toujours les tenants et les aboutissants sont souvent dangereux, voire nocifs pour la santé. 

C’est le cas des perles de Yoni, des boules d’herbes emballées dans du tissu, largement promues sur les réseaux sociaux, notamment via plusieurs pages sur Facebook (ici, ici) ou encore via des sites internet dédiés (ici, ici). (Captures d’écran ci-dessous).            

Capture d’écran de publications faites à propos des “Perles de Yoni” et ses propriétés sur une page Facebook en 2020 et 2021

D’après ceux qui les commercialisent, ces perles permettraient de nettoyer l’appareil génital féminin, notamment le vagin. Et pourtant, selon les spécialistes de la santé, utiliser ces produits causerait plus de mal que de bien.

Que sont réellement les perles de Yoni ? 

Encore dénommées “perles de désintoxication vaginale”, les perles de yoni sont des paquets d’herbes enveloppées de tissu qui, insérées dans le vagin pendant 24 à 72 heures, auraient comme vertus de nettoyer ce milieu de même l’utérus. De plus, il est prêté à ces perles des vertus allant de la prévention à la guérison des infections vaginales, des problèmes ovariens, des kystes et fibromes de l’utérus ainsi que l’endométriose ou encore l’apaisement des contractions vaginales. 

D’après healthline.com qui consacre un article sur ces perles sur son site internet (ici), “les herbes contenues dans ces perles détox varient d’un producteur à un autre. Mais les herbes les plus courantes que contiennent les perles de yoni sont : l’agripaume, la racine d’angélique, le noyau de pêche, les carthames, les bornéol, rhubarbe, les rhizomes et l’osthole.”          

Comme preuve que les perles ont fonctionné, des utilisatrices exhibent dans certains cas, des tampons avec des tâches allant du vert au gris. Ces tâches sont ainsi présentées comme les déchets que les perles ont permis d’expulser. 

Des produits dont-il faut se méfier, selon les spécialistes 

Même si la pratique semble prendre de l’ampleur au sein de la population, les spécialistes de la santé consultés au Togo et ailleurs sont unanimes : le vagin de la femme s’auto-nettoie et l’introduction de ces perles dans ces parties de l’organisme va plutôt causer des allergies et des infections. 

D’après le Docteur Hélène Jacquemin Le Vern, qu’a interrogé allodocteurs.fr, ces perles sont à éviter.  Il faut inviter les femmes à se méfier de ce genre de produits qui, au mieux n’ont aucun intérêt parce que le vagin d’une femme n’est pas sale, il s’auto-entretient naturellement. Au pire ces perles vont induire des allergies, des irritations, des infections car on ne sait pas ce que contiennent ces tampons”, peut-on lire dans l’article publié par le magazine santé.

Pour la gynécologue canado-américain, Jennifer Gunter, en dehors des risques que l’utilisation de ces perles peut présenter, elles peuvent être dangereuses voire inefficaces. D’après la spécialiste dont les propos sont repris par 20minutes.fr, l’utérus et le vagin « n’ont pas besoin d’aide à moins qu’ils aient un problème et qu’ils vous le signalent par des saignements, des démangeaisons, des douleurs ou une odeur. »

De plus, précise la spécialiste, « le vagin agit comme un « four autonettoyant » et l’introduction d’éléments extérieurs pendant de longues périodes augmente le risque de développement de mauvaises bactéries. D’où l’apparition potentielle d’infections. »           

Même son de cloche chez le médecin gynécologue et obstétricien Docteur AMEWOUI Dédé Bénédicta basée à Lomé, qui déconseille fortement l’utilisation de ces perles de yoni “ Le vagin de la femme se nettoie lui même. C‘est lorsqu’il y a un déséquilibre qu’il y a une infection. Là on fait un traitement bien spécifique. Mais de là à introduire un morceau de tissu qui va rester 24 heures dans le vagin, on est en train d’y amener des infections” a-t-elle déclaré via WhatsApp.

Plusieurs autres sources que nous avons consultées tour à tour (ici, ici, ici, ici) sont unanimes quant à la dangerosité que présentent ces perles de yoni. Ceci, tient de plusieurs raisons. D’une part, du fait qu’il est inutile voire nuisible de vouloir nettoyer ou désintoxiquer le milieu vaginal. D’autre part, du fait que ces perles peuvent être porteurs de germes qui une fois introduits dans le sexe de la femme, iront se multiplier, causant irritations de la muqueuse vaginale ou infections.          

Aucune recherche scientifique pour attester !

Introduire les doigts ou des produits de diverse nature dans le conduit génital féminin est très répandu. Une étude publiée dans la revue PLoS One a montré que près de la moitié des 141 femmes de l’étude ont déclaré avoir utilisé des produits intravaginaux au cours du mois écoulé avant ladite étude. Mais, d’après les chercheurs, ces habitudes « peuvent être associées à des changements malsains dans le microbiome vaginal. Le microbiome vaginal sain est décrit comme étant dominé par un petit nombre d’espèces bactériennes. »     

En effet, tout vagin sain contient naturellement des bactéries qui permettent de maintenir l’équilibre naturel de cette zone. D’après Andréa Carazas, éducatrice sur la santé sexuelle « Les vagins contiennent naturellement des bactéries et c’est une bonne chose. Cette bactérie protège réellement votre vagin des infections nocives et équilibre le pH. Lorsque vous essayez de « désintoxiquer » votre vagin (comme avec des perles de yoni ou des douches vaginales), vous tuez cette bonne bactérie. Cela élimine les défenses naturelles de votre corps et déséquilibre l’équilibre bactérien de votre vagin (ici).

Capture d’écran du post effectué sur Facebook le 10 octobre 2022 par le gynécologue et obstétricienne béninois,
Dr. Lédémé Adounyo

Il faut noter aussi qu’aucune étude scientifique n’a pu attester à ce jour l’efficacité des perles de yoni pour le traitement des troubles de l’appareil génital féminin tels que plébiscités par les vendeurs de ce produit. Aux Etats-Unis, les perles de yoni vendues sous le nom « Goddess Vaginal Detox Pearls » ne sont pas réglementées par la Food and Drug Administration (FDA).   

Conclusion

Le vagin et l’utérus sont des zones qui s’auto-nettoient. D’après les spécialistes, insérer des produits à l’instar des petites boules d’herbes à la composition quasi-inconnue, comme les perles de yoni dans le vagin est une habitude dangereuse. Car, en lieu et place de la désintoxication promise par les vendeurs de ces produits, l’utilisatrice peut se retrouver confrontée à des infections ou encore des inflammations de la muqueuse vaginale. 

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA et le GooglePolitique de confidentialité etConditions d'utilisation appliquer.

The reCAPTCHA verification period has expired. Please reload the page.

Related Posts
Read More

Le pissenlit ne traite pas le diabète mais peut aider à contrôler la glycémie

Il est, en effet, reconnu au pissenlit la capacité de diminuer le taux de sucre dans le sang (la glycémie). Mais, il ne peut pas guérir le diabète, puisqu’à ce jour, il s’agit d’une maladie incurable. La meilleure option pour la prise en charge de son diabète demeure de se référer à un spécialiste, et ce, même si on veut consommer le pissenlit pour y apporter une contribution. De plus, le laboratoire béninois URMAPHA, est dirigé par Docteur Dougnon Tamègnon Victorien et non Docteur Eric Agbodjento.