Téléphone portable et cancer du cerveau : Aucun lien selon les experts

Téléphone portable et tumeurs cérébrales : Aucun lien selon les experts
Illustration / Source : Magnific

Le smartphone provoquerait le cancer du cerveau : cette inquiétude revient régulièrement sur les réseaux sociaux, dans des groupes de discussion et même dans certains débats publics depuis plusieurs années. L’idée inquiète, parce qu’elle touche à un objet utilisé par des milliards de personnes chaque jour et parce qu’elle s’appuie sur un mot qui fait peur, la «radiation». Pourtant, lorsqu’on examine les données scientifiques disponibles, cette affirmation n’est pas prouvée. Les grandes synthèses d’études publiées ces dernières années ne montrent pas de preuve d’un lien causal entre l’utilisation du téléphone portable et le cancer du cerveau.

Origine d’une rumeur

Cette inquiétude sur un possible lien de causalité entre les smartphones et le cancer du cerveau repose souvent sur une confusion entre plusieurs notions. D’un côté, les smartphones émettent des ondes radiofréquences. De l’autre, le mot “rayonnement” est spontanément associé, dans l’imaginaire collectif, à des risques sanitaires graves. 

Sur Internet, cela suffit parfois à créer une alerte virale. Mais les radiofréquences émises par les téléphones portables ont fait l’objet de nombreuses recherches destinées à déterminer leurs éventuels effets sur la santé. Et les rumeurs de ce genre ne s’appuient généralement ni sur une lecture rigoureuse des études, ni sur une expertise médicale sérieuse.

Aucun lien scientifiquement établi

En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’OMS, avait classé les radiofréquences des téléphones portables dans la catégorie des “cancérogènes possibles”. C’est ce qu’indique un article publié le 4 septembre 2024 par le mensuel français dédié au bien-être et à la santé, Santé Magazine.

Cette classification, poursuit l’article, ne voulait pas dire que le téléphone pouvait causer le cancer, mais que les données disponibles à l’époque étaient limitées et ne permettaient pas d’exclure une association.

Depuis, les données scientifiques se sont accumulées. En 2024, une vaste revue systématique commandée par l’Organisation mondiale de la Santé et publiée dans la revue scientifique Environment International a examiné des décennies de recherches sur l’exposition aux ondes radio et ses effets potentiels sur la santé. Cette synthèse n’a pas mis en évidence d’augmentation du risque ou de l’incidence de cancers de la tête chez les utilisateurs de téléphones portables, même chez ceux qui s’en servent depuis plus de dix ans.

Insertion d’un paragraphe de l’article publié par l’ Agence australienne de protection contre les radiations et de sûreté nucléaire . Capture d’écran réalisée le 28 septembre 2026 par Togocheck

Cette conclusion est importante, parce qu’elle ne repose pas sur une seule étude isolée. Elle s’appuie au contraire sur l’ensemble des travaux jugés les plus pertinents, ce qui donne plus de poids au résultat final.

En d’autres termes, si un risque important existait réellement, il devrait apparaître de façon cohérente dans les données accumulées depuis des années. Or ce n’est pas ce que montrent les analyses récentes.

Selon un article publié le 12 janvier 2026 par le Service Public français d’information en santé, de nombreuses études menées sur le sujet n’ont pas identifié de lien entre l’usage du téléphone portable et le risque de tumeurs de la tête et du cou.

L’article précise que plusieurs dizaines d’études ont examiné les liens possibles entre l’utilisation des téléphones portables et l’apparition de tumeurs. Il s’agit souvent d’études dites « de cas-témoins », dans lesquelles le temps passé à utiliser un téléphone portable par des patients atteints de tumeurs a été comparé à celui des personnes qui n’ont pas développé de tumeurs.

Toutefois, au regard de l’ensemble des données disponibles en 2025-2026, aucune augmentation du risque de cancer liée à l’utilisation des téléphones portables n’a été mise en évidence.  

Ce que disent les médias de référence

Plusieurs médias internationaux et francophones ont relayé les résultats de la revue de 2024 commandée par l’OMS. Euronews a rapporté que l’utilisation du téléphone portable ne semblait pas augmenter le risque de cancer du cerveau, même après de longues années d’exposition.

Capture d’écran de la revue publiée en 2024 sur l’analyse de 63 études consacrées à l’exposition aux radiofréquences et au risque de cancer. Capture d’écran réalisée le 28 septembre 2026 par Togocheck

BBC News Afrique a également présenté cette revue comme fournissant les preuves les plus solides à ce jour que les ondes radio des technologies sans fil ne présentent pas de risque établi pour la santé humaine. La CNN a titré sur le fait que les téléphones mobiles n’étaient pas liés au cancer du cerveau dans la plus grande étude menée jusqu’alors.

Dans la presse médicale et spécialisée, le même message ressort : les résultats vont dans le sens d’une absence de lien démontré. Cela ne veut pas dire que le débat scientifique n’a jamais existé, mais il montre qu’aujourd’hui, la balance des connaissances penche clairement contre l’affirmation virale selon laquelle « le smartphone cause le cancer du cerveau ». 

En définitive

La principale revue publiée en 2024 a analysé 63 études consacrées à l’exposition aux radiofréquences et au risque de cancer. Elle n’a pas mis en évidence d’augmentation du risque de gliome, de méningiome, de neurinome acoustique, de tumeur de l’hypophyse ou de tumeur des glandes salivaires chez les utilisateurs de téléphones mobiles. 
Aucun risque supplémentaire n’a été observé chez les personnes qui utilisent leur téléphone depuis plus de dix ans, ni chez celles qui téléphonent le plus longtemps ou qui passent le plus grand nombre d’appels. La revue conclut également à une absence de lien avec les tumeurs cérébrales chez les enfants, même si les données disponibles sont moins nombreuses pour cette catégorie.
La conclusion concernant les tumeurs du cerveau et de la tête est jugée relativement solide. Les données disponibles indiquent notamment un niveau de confiance modéré dans l’absence d’augmentation du risque pour plusieurs des cancers étudiés. En d’autres termes, les résultats sont suffisamment  convergents pour écarter l’hypothèse d’un risque important lié à l’utilisation du téléphone portable, même si la science ne peut totalement garantir un risque absolument nul. 

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